Second séminaire parlementaire sur le plaidoyer pour plus d’action et d’investissements publics pour renverser les tendances alarmantes de la malnutrition au Niger (28 septembre 2021)

Deux ans après le premier séminaire parlementaire organisé en 2019, le second séminaire parlementaire porte sur l’importance des investissements publics pour renverser les tendances alarmantes de la malnutrition au Niger. Ce séminaire a été organisé par le Réseau Nutrition et Sécurité Alimentaire (RNSA) de l’Assemblée Nationale, le Haut-Commissariat à l’Initiative 3N « les Nigériens Nourrissent les Nigériens » et l’Institut National de la Statistique à travers la Plateforme Nationale d’Information pour la Nutrition (PNIN) en collaboration avec l’UNICEF et la FAO le mardi 28 septembre 2021 à Niamey. Ce cadre d’échange a regroupé 80 participants composés outre les cinquante (50) parlementaires, des représentants des institutions nationales en charge de la nutrition, des Nations Unies et des ONGs au Niger. Sur financement de l’Union Européenne et de l’UNICEF, l’édition 2021 des séminaires parlementaires a été placée sous le haut patronage de la Vice-présidente de l’Assemblée Nationale avec la participation au Présidium du Ministre de la Santé Publique, de la Population et des Affaires Sociales, du Haut-Commissaire à l’Initiative 3N, du Représentant de la FAO, du Président du RNSA et du Directeur Général des Productions Animales du Ministère de l’Élevage.

Le séminaire est organisé en marge de la session budgétaire de l’Assemblée Nationale ouverte le 27 Septembre 2021. Il s’agit d’un contexte particulier de renouvellement récent des membres du parlement avec environ 30 % de femmes députées, un progrès vers plus de représentativité des femmes dans les hautes institutions de la République. De même, les femmes représentent 45 % des députés ayant pris part au séminaire. Le renouvellement des membres du RNSA révèle l’intérêt de ce séminaire pour améliorer leur compréhension des défis, des atouts et de ce qui peut être fait par le réseau pour soutenir l’action et les investissements en nutrition.

Deux discours ont été prononcés lors de la cérémonie d’ouverture dudit séminaire. Dans son allocution, le Haut-Commissaire à l’Initiative 3N, S.E.M Ali Bety, coordonnateur des concertations nationales, a souligné que « les divers chocs, climatiques, sécuritaires, sanitaires, démographiques et économiques perturbent profondément les chaines de la production, d’approvisionnement, la valorisation et l’accès aux produits alimentaires et se traduisent par des effets néfastes sur la sécurité alimentaire des ménages, l’état nutritionnel des femmes et des enfants et la santé des populations. Les régimes alimentaires sains, même les moins chers, restent inabordables pour plus de 50 % de notre population. Une alimentation sous-optimale est responsable de plus de décès que tout autre risque dans le monde, y compris le tabagisme, soulignant le besoin urgent d’améliorer l’alimentation des nigériens. En dépit de ces grands défis, le Niger a impulsé, au cours des 10 dernières années de mise en œuvre de la Stratégie de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle et du Développement Agricole Durable, l’initiative 3N, les Nigériens Nourrissent les Nigériens, plusieurs réformes afin de mettre durablement les populations à l’abri de la faim, de la malnutrition et leur garantir les conditions d’une pleine participation à la production nationale et à l’amélioration de leurs revenus. Pour soutenir ces efforts, nous devons transformer la façon dont on planifie, on finance et on met en œuvre les programmes. Dans cette dynamique, il faut doubler l’effort de financement public et des PTFs à travers des fonds communs sectoriels ». Selon le Haut-Commissaire, « l’allocution du Président de la République, S.E.M. Mohamed Bazoum, durant le sommet tenu le 23 Septembre 2021, a d’ailleurs mis l’accent sur les grands chantiers, les financements et les investissements à promouvoir durant la prochaine décennie pour améliorer le bien-être nutritionnel et pour plus de prospérité au Niger ». Ainsi, « ces orientations et engagements du Président de la République sur le futur de notre alimentation tout en protégeant l’environnement, seront présentés dans les sessions qui vont suivre pour leurs prises en compte dans les délibérations et recommandations dudit séminaire ». La conclusion de son allocution rappelle que « ce séminaire parlementaire amplifiera la poursuite du dialogue en insistant sur le rôle du réseau des parlementaires pour des investissements prévisibles plus importants dans le domaine de la nutrition et la sécurité alimentaire tout en optimisant les liens étroits entre le parlement et le pouvoir exécutif ».

Dans son discours d’ouverture du séminaire, la Vice-présidente de l’Assemblée Nationale, Honorable Mme Hadiza Seyni, s’est « réjoui de l’organisation de ce séminaire en collaboration avec le Haut-Commissariat à l’Initiative 3N (HC3N), la Plateforme Nationale d’Information pour la Nutrition (PNIN), l’UNICEF, la FAO et la Direction Nationale de la Nutrition du Ministère de la Santé Publique, de la Population et des Affaires Sociales. Conformément au Plan d’Action du RNSA sur la contribution de l’Assemblée Nationale au Développement de la Nutrition au Niger, ce séminaire contribuera au renforcement des capacités des députés pour mieux défendre et plaider en faveur de la promotion de la nutrition ».

Quatre (4) présentations techniques en plus de celle portant sur le Plan d’Action du RNSA ont été faites successivement par le Directeur de la Nutrition du Ministère de la Santé Publique, de la Population et des Affaires Sociales, le Coordonnateur de la Cellule Nutrition du HC3N, de l’Assistant FIRST/FAO/HC3N, du Directeur Général de l’entreprise sociale Sahara Sahel Foods de Zinder et du Président du RNSA. Elles portent sur : (1) la situation de la malnutrition et des programmes de nutrition au Niger ; (2) l’importance des investissements en nutrition et l’état des financements publics de la nutrition au Niger ; (3) les voies de transformation des systèmes alimentaires pour alimentation sûre et nutritive au Niger ; (4) les arbres sauvages alimentaires : des nouvelles chaînes de valeur équitables au Niger ; (5) le Plan d’action Nutrition 2021- 2023 de RNSA.

Des discussions riches et énergiques ont eu lieu entre les parlementaires et les présentateurs sous forme de panel. Elles ont mis en évidence entre autres les points saillants suivants :

  1. La nutrition maternelle est un domaine prioritaire en se référant à la fenêtre d’opportunité des 100 jours ;
  2. La valorisation des chaînes de valeur des ressources naturelles alimentaires comme par exemple les « arbres sauvages alimentaires » devrait être promue à travers les politiques, les investissements et les programmes de sécurité alimentaire et de nutrition ;
  3. L’écart important entre l’adoption des bonnes politiques et programmes et leur faible mise en œuvre sur le terrain devrait être réduit à travers par exemple des outils de financement comme le Fonds d’investissement pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle (FISAN) reformé et renforcé ;
  4. Il importe de poursuivre le dialogue et les activités thématiques de renforcement des capacités des députés membres du RNSA ;
  5. Il importe d’innover dans la communication pour le changement des mentalités et de comportements en vue de maximiser l’utilisation des produits alimentaires disponibles y compris les plantes sauvages nourricières dont certaines ont été exploitées depuis la nuit des temps comme aliments ou médicaments. Ces plantes ont des profils nutritionnels intéressants mais de plus en plus abandonnées. L’exemple du niébé a été cité à titre illustratif de son intégration dans le modèle alimentaire au Niger. En effet, cette légumineuse est passée sur le plan des pratiques alimentaires du statut d’un aliment du « pauvre » à un aliment « pour tous » dont on ne se cache plus pour sa consommation. Ce changement a été obtenu grâce à un engagement politique fort au plus haut niveau sur la promotion de sa production et sa consommation depuis les années 1970. Plusieurs autres aliments locaux dont les œufs et la viande du chameau sont encore touchés par ces restrictions alimentaires ;
  6. L’innovation et la recherche doivent être soutenues pour plus de diversité alimentaire en améliorant la collaboration avec les universités et les institutions de recherche ;
  7. La création d’un organisme chargé de la sécurité sanitaire des aliments et l’amélioration du contrôle de leur qualité doit être soutenue ;
  8. Il importe d’identifier des parlementaires volontaires pour devenir des champions de la nutrition ;
  9. Il importe de réviser, d’appuyer financièrement et d’assurer le suivi de la mise en œuvre du plan d’action Nutrition du RNSA ;
  10. Des mécanismes de réduction des prix des produits alimentaires et leur variation saisonnière devraient être mis en place progressivement ;
  11. L’Agriculture doit être moderniser afin de la rendre rentable et résiliente au Niger.

 

 

 

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